L’Afrique du Sud que je connais est un pays de contraste. Côté “pile sous le soleil”, Cape Town et sa baie magnifique, la route des vins, les montagnes du Drakensberg, le cap de Bonne Espérance et ses singes, le parc Kruger et ses “big five”… Côté “face obscure”, l’héritage d’un passé pas totalement digéré, la misère dans les rues de Jo’burg, les townships en périphérie des villes, une économie poussive, des barbelés omniprésents sur les murs, l’agression possible à chaque instant.
J’ai eu l’occasion de travailler pendant plusieurs années avec des sud-africains, très souvent blancs, parfois métis. J’ai pu mesurer combien le chemin parcouru depuis l’abolition de l’apartheid avait été long, fastidieux. Je garde en souvenir l’amertume ou la résignation des descendants d’Afrikaners. Beaucoup exprimaient le même sentiment, clairement décrit par André Brink dans “Une saison blanche et sèche” : “Après tout, nous n’avons pas le choix. En dehors de ce vaste pays, nous ne savons pas où aller. Tel est notre destin”.
Au programme de ce mois de Mars, je vous propose d’illustrer ce tableau sud-africain avec un livre, “Une saison blanche et sèche” d’André Brink (1976-1979), un film, “Disgrace” de Steve Jacobs (2008), un musicien, Abdullah Ibrahim, et un photographe, David Goldblatt.
C’est parti !