Avril 2024 … APRES-GUERRE

En Avril 1945, Henri Calet observe depuis son appartement parisien : De ma fenêtre, je vois des milliers de cheminées. Pas une ne fume. Cette cité sans feux pourrait paraître inhabitée. Dans ces maisons, les gens ont froid cet hiver. Ils sont vêtus maintenant de vêtements singuliers faits de plantes. Tout a déjà été retourné, reprisé, rapetassé, tout est faux. Poêles sans charbon, peu d’électricité, presque plus de gaz, baignoires sans eau chaude. Dans ces maisons l’on ne mange pas bien. Nous n’attachons pas trop d’importance aux plaisirs gastronomiques, mais enfin l’on voudrait qu’un jour la recherche des denrées nécessaires ne fût plus une chasse épuisante pour les femmes. Les petits manquent de lait. Il nous revient que les vieux meurent un peu prématurément et que dans les maternités beaucoup de nouveau-nés ne vivent pas plus de deux jours … L’hiver finira. Lentement la France se remettra, des couleurs lui reviendront aux joues. On a eu peur car on l’a vue blessée et très près de mourir. Déjà la neige fond …” (Henri Calet – “Contre l’oubli”, recueil d’articles parus entre 1944 et 1948)

Pourquoi aborder l’après-guerre dans ce blog ce mois-ci ? Je ne sais pas précisément. Je peux seulement avancer que j’aborde les sujets tels qu’ils me viennent, sans forcément tenir compte de notre actualité, si déprimante soit-elle.

Pour traiter ce thème de l’après-guerre, nous retrouverons Henri Calet dans “Le tout sur le tout”, un film de Julien Duvivier , “Panique”, et un photographe, Robert Doisneau. Et pour se mettre “des couleurs aux joues”, un musicien, Django Reinhardt.

Le mois prochain, j’aborderai un thème plus léger. C’est promis. Il sera aérien pour tout vous dire …