Avec à son actif plus d’une cinquantaine d’ouvrages, traduits dans 45 langues et lus par 85 millions de lecteurs, Michael Connelly (1956) est loin d’être sorti des radars … Mais parler de LA sans évoquer Harry Bosch me posait un problème.
Quand il publie en 1992 son premier livre, “les égoûts de Los Angeles”, Michael Connelly, un journaliste du “Los Angeles Times”, ne se doute pas qu’il accompagnera son personnage principal, l’inspecteur Hieronymous Bosch, pendant 31 ans et 27 ouvrages (à ce jour).
Je viens de relire ce premier opus et, bonne nouvelle pour tous ceux qui conservent les livres qu’ils ont lus et chéris, les meilleurs peuvent comme les bons vins se bonifier avec le temps.
Dans “les égoûts de Los Angeles”, Harry Bosch découvre un cadavre qui le replonge dans son expérience de “rat de tunnel” au Vietnam. Nous le découvrons solitaire et têtu, en conflit avec sa hiérarchie, “un franc tireur qui fait un travail d’équipe” comme le décrit l’agent du FBI enquêtant à ses côtés. Le profil psychologique est gravé, il ne variera pas au fil des années.
Sa méthode d’investigation ne changera pas non plus : “dans ses enquêtes, Bosch avait toujours le sentiment que les informations s’accumulaient lentement, comme un filet de sable qui s’écoule par le bec étroit d’un sablier … il entreprit de tout relire, dans l’espoir qu’un détail frapperait son attention. Il cherchait tout et rien, un nouveau nom, une invraisemblance dans une déclaration, quelque chose qu’il aurait considéré comme négligeable avant, mais qui maintenant prendrait une importance nouvelle”.
Il écoute du jazz pour faire retomber la pression (des “Hard Boppers” comme Sonny Rollins ou John Coltrane, des “West Coasters” comme Art Pepper ou Frank Morgan), depuis la balustrade de sa maison en porte à faux, agrippée à une colline et surplombant un arroyo.
Et puis, il n’y aurait pas d’Harry Bosch sans LA, ses autoroutes urbaines et ses Storm Drains, le stade des Dodgers et Echo Park, son smog et son soleil couchant.
Mon fils est né l’année de ma découverte des “Egouts de Los Angeles”. Beaucoup plus tard, j’ai eu le bonheur de déjeuner avec lui chez “Musso and Frank” avant que nous allions écouter des musiciens locaux au “Catalina Bar and Grill”, deux endroits qu’Harry Bosch m’avait chaudement recommandés. Qu’il en soit remercié.