“Vice” d’Adam McKay (2018)

Attaquer un pays qui ne vous a pas agressé au mépris des lois internationales, tordre le bras de ses alliés pour les engager dans une affaire hasardeuse, s’inventer de bonnes raisons pour agir et proclamer une victoire totale pour rapidement passer à autre chose, enrichir effrontément ses copains et tuer indistinctement des milliers de civils dans des bombardements aussi aveugles que massifs … cela vous rappelle quelque chose ?

Dans “Vice“, Adam McKay revient sur la vice-présidence de Dick Cheney de 2001 à 2009, en insistant cruellement sur sa soif de pouvoir sans contrôle. Ni George W. Bush en président falot, ni le congrès et la cour suprême, empêtrés dans des luttes intestines et des débats juridiques, ne l’empêcheront d’envahir l’Irak. Il y a 40 ans, les spécialistes décrivaient le système politique US en parlant de “démocratie contrariée” par le jeu des lobbys. C’est une démocratie américaine dévoyée qui impose sa puissance au monde en 2003. Dick Cheney et ses sbires signant des contrats juteux avec la firme de logistique pétrolière Haliburton, trouvant une couverture légale pour torturer qui bon leur semble, permettant à l’Etat islamique de recruter et d’étendre sa sphère d’influence …

Adam McKay, né en 1968, est un cinéaste “chamboule tout” qui n’hésite jamais à braquer son talent sur les sujets qui font mal : la crise des subprimes avec “The Big Short” (2015) ou le réchauffement climatique avec “Don’t Look Up” (2019). Pour incarner un Dick Cheney roublard en diable et toujours tapi dans l’ombre, il fait appel à Christian Bale qui, pour l’occasion, prend trente kilos. Nous aurons l’occasion de revenir sur cet acteur “transformiste” génial dont les interprétations dans “American Psycho” (2000), “Rescue Dawn” (2006), “American Bluff” (2013) ou encore “Hostiles” (2017) font mon bonheur cinéphilique.

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