
Père Ubu : Merdre !
Mère Ubu : Oh ! voilà du joli, Père Ubu, vous estes un fort grand voyou.
Ainsi commence “Ubu Roi“, pièce burlesque écrite par Alfred Jarry (1873 – 1907) et jouée pour la première fois le 10 décembre 1896 au Théâtre de l’Oeuvre. Une pièce qui connut quelques hauts et de nombreux bas, son impudence et son invention langagière ne plaisant pas au plus grand nombre, avant d’être ressuscitée par Jean Vilar et son TNP à la fin des années 50 et portée par une interprétation magistrale de Georges Wilson dans le rôle-titre. L’ adjectif “ubuesque”, nous dit Le Robert, qualifie depuis un personnage ou une situation qui “rappelle le personnage d’Ubu, par un caractère grotesque, cruel et couard“.
Résumons : Ubu arrive au pouvoir en Pologne pour “augmenter indéfiniment ses richesses, manger fort souvent de l’andouille et rouler carrosse par les rues“. Pour épater la galerie, il rêve d’une grande capeline, “en peau de mouton avec une agrafe et des brides en peau de chien“. Il n’a que dédain pour ceux qui l’entoure, des “bouffres” qui “peuvent bien se brosser le ventre“. Les règles, il s’en fiche : “le mauvais droit ne vaut-il pas le bon ?”. Il envisage de mettre la justice et les finances à sa botte mais il lui faut rapidement attaquer son voisin, le Czar des Russes. Il part en campagne avec son “sabre de merdre” en annonçant la couleur : “je tuerai tout le monde. Gare à qui ne marchera pas droit“. A ceux qui le mettent en garde ou lui apportent de mauvaises nouvelles, il réserve son courroux : “il y a sur tes épaules plus de plumes que de cervelles et tu as rêvé des sottises”. Il n’a aucun doute sur l’issue finale : “En compote les Moscovites ! La victoire est à nous. Vive l’Aigle rouge !”. Et bientôt s’engage “le combat des voraces contre les coriaces” …
Ubu ne serait-il pas de retour ?… FUCKRR !
