“Family Affair” de Sly and the Family Stone (1971)

Sylvester Stewart, dit Sly Stone (1943-2025), multi-instrumentiste doué (trompette pour commencer puis guitare, basse, claviers, batterie …), compositeur d’avant-garde et inspirateur d’un Prince, d’un George Clinton ou d’un Miles Davis – pas moins -, cinq frères et sœurs qu’il accompagnera à l’église pour des concerts de Gospel, qu’il entraînera plus tard dans ses groupes et dans la drogue, précurseur du Funk Psychédélique qu’il mariera sans vergogne à la pop, à la soul, au rock, chantre de l’égalité raciale et de l’égalité tout court, recrutant en 1967 dans la Family Stone des blancs et des noirs, des hommes et des femmes, musiciens ou choristes, icone du mouvement hippie avec des hits comme « Dance to the Music » (1968) et « Everyday People » (1969), réveille-matin de légende à Woodstock le dimanche 17 Août 1969 vers 4.00 du matin avec un appel mémorable à aller plus haut (« higher ») – vous pouvez admirer son costume à franges sur Youtube – , Sly Stone vous disais-je, mérite le détour (si vous n’avez pas abandonné cette phrase interminable en cours de route) pour les albums remarquables qu’il enregistra entre 1968 et 1971 avant que la cocaïne, des managers douteux et une grosse flemme ne tirent vers le bas ses concerts et sa créativité (c’est le temps de glisser un point).

En 1971, il enregistre quasiment seul un album en rupture avec ceux qui l’ont précédé, « There’s a Riot Going On ». Il ne s’agit plus de danser ou de s’aimer les uns les autres, d’ailleurs Marvin Gaye a enregistré six mois auparavant « What’s Going On ». La tonalité de ce nouvel opus est plus sombre. Finis les arrangements brillants et place aux boites à rythme et overdubs (une seule personne enregistre plusieurs instruments l’un après l’autre, pour ensuite les combiner ensemble). Un titre domine les autres, « Family Affair ». Sly Stone ne prêche plus l’amour universel et convient qu’au sein d’une fratrie, les différences finissent par éloigner :

« One child grows up to be somebody that just loves to learn

And another child grows up to be somebody you’d love to burn

Mom loves the both of them, you see it’s in the blood

Both kids are good to Mom, blood’s thicker than the mud”

Et le leader et fondateur de la Family Stone finit par lâcher :

« You can’t leave ‘cause your heart is there

But you can’t stay ‘cause you been somewhere else”.

On ne saurait être plus clair. Je vous laisse écouter.

Ci-dessous ma sélection des titres de la période dorée de Sly and the Family Stone :

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