L’Amérique, n’a jamais été aussi riche : croissance de l’économie, envol de la bourse, dette qui atteint des sommets vertigineux. Et pourtant, les manches à vent se gonflent et annoncent du gros temps …
Le Krach de 1929 et la Grande Dépression qui l’a suivi me passionnent depuis longtemps. En travaillant Outre-Atlantique, j’ai gardé l’impression d’une influence pérenne sur les américains d’aujourd’hui : méfiance à l’égard de l’Etat Providence chez certains, conviction que c’est à l’Etat Fédéral qu’il incombe de corriger ou de marquer des limites chez d’autres, obsession d’une sécurité matérielle chez beaucoup, conviction chez tous que tout peut basculer rapidement dans un environnement qui ne fait pas de cadeau . “There are no second acts in American Lives” écrivait déjà Fitzgerald.
“Les raisins de la colère” de Steinbeck et son adaptation cinématographique réalisée par John Ford ne sont jamais sortis des radars (du moins je l’espère). Aussi ai-je choisi le formidable livre d’histoire orale de Studs Terkel pour retracer l’empreinte de la Grande Dépression sur ceux qui ont traversé cette période. Les photographies de Dorothea Lange, une chanson de Bruce Springsteen et les films de Hal Hashby et de Frank Capra apporteront leur éclairage sur ce pan de l’histoire des Etats-Unis aux répercussions universelles.