“la chevauchée des bannis” d’André de Toth (1959)

Sur la pierre tombale d’André de Toth (1912 – 2002), il est inscrit : “Have Fun! I had!”. Un tel homme ne peut-être mauvais. D’origine austro-hongroise, il a tourné près d’une trentaine de films aux Etats-Unis, principalement des westerns et des films noirs. Longtemps considéré comme un réalisateur de “série B”, sa côte a remonté quand des réalisateurs comme Martin Scorcese et Bertrand tavernier ont réhabilité son travail. J’aime beaucoup les westerns et tout particulièrement celui-ci. Certainement parce qu’il marque une rupture avec les valeurs positives attachées au western “classique” : dans “la chevauchée des bannis”, les hommes sont vils, cupides, lâches. La bestialité n’est jamais loin. Les scènes en extérieur, filmées en noir et blanc, sont sublimes. La nature est hostile : prisonniers de la neige et du brouillard, les personnages n’ont pas d’issue. Le tournage en Oregon dans un froid polaire fut une épreuve. L’équipe technique réclama une prime de pénibilité. De Toth mit fin à la discussion en tournant une scène torse nu.