J’aime depuis longtemps CharlElie Couture pour ses chansons et pour son attitude “cool”, son côté “je ne la ramène pas”. Né en 1956 à Nancy et diplômé des Beaux Arts, il se définit sur son site comme un “un artiste pluridisciplinaire, autrement défini par le terme « Multisme » “.
“J’ai choisi de ne pas choisir” précise-t-il dans une interview, ce qui l’autorise à s’aventurer sur tous les territoires artistiques qui l’attirent : la peinture, la musique, la poésie, le graphisme, la photographie … A ce jour, il a donné plus de 2000 concerts, écrit ou collaboré à plus d’une vingtaine de livres, présenté ses oeuvres dans plus de 200 expositions et enregistré 26 albums. Nous avons donc affaire à un vrai dilettante, pas au sens, dixit le Larousse, de celui qui s’adonne à un art en amateur, pour son seul plaisir, mais au sens de celui qui ne suit que les impulsions de son plaisir, qui exerce une activité de manière fantaisiste. Et de la fantaisie, de la poésie, il y a en à revendre dans le répertoire de CharlElie !
Petit florilège tiré de la sélection que vous trouverez ci-dessous :
“Marcher de midi à minuit, Marcher à tout jamais” (Jacobi …)
“Oh libellule, et toi, t’as les ailes froissées … Moi, moi j’ai la carlingue froissée … Mais j’ai chanté tout’ la nuit” (Comme un avion sans aile)
“Mais il ne reste jamais rien de ce qui est vécu … Quelques grains oxydés sur de la paraffine” (La Ballade …)
“Juste un instant, c’est l’odeur de l’herbe coupée ou la douceur d’un parfum sucré, c’est la lumière d’un matin d’été ou la brume dans le fond d’une vallée” (Juste un instant)
“On peut passer à côté d’un jour en été, on pourrait le regretter des millions d’années” (On va déconner)
Sur le plan musical, je retrouve le même éclectisme avec du rock et de la folk bien sûr, mais aussi du jazz et du blues et cette brise bien connue de tous ceux qui se sont arrêtés à la Nouvelle- Orléans, celle du “bon temps rouler”, du plaisir à savourer l’instant présent.
Revenons pour conclure à la chanson “le jardinier dort“. Nous avons tous des “petits cailloux” musicaux qui nous ramènent à des moments particuliers. Dans le cas présent, ce sont pour moi des trajets le vendredi soir sur l’A10 en direction de la Touraine, il y a bien longtemps, avec une épouse épuisée par trois bambins endormis dans le Renault Espace. Endormis, pas tous. L’aîné est intrigué par les premières paroles, “quand les feuilles tombaient, le jardinier les remontait, quand les feuilles s’envolaient, le jardinier les recollait“. Arrive le refrain et la question fuse invariablement : “pourquoi il dort pas le jardinier ?”. Vaste débat, déjà en 2009. Il a depuis appris qu’ “il faudrait le réveiller avant le chaos infernal” …