Chaque fois que j’ai séjourné à Los Angeles, j’ai retiré l’impression étrange d’un “grand nulle part”, pour reprendre le titre d’un roman de James Ellroy. James Ellroy dont il ne sera toutefois pas question ce mois-ci car il incarne à mes yeux le Los Angeles des années 40 à 60. Or c’est le LA contemporain que je souhaite évoquer, celui où l’on se perd, plongé dans un décor urbain infini, sans véritable centre.
Les solitaires y trouvent un terrain de chasse à leur mesure, tant l’étendue de la ville et l’anonymat des rues les protègent. Harry Bosch, Vince Hanna ou Neil McCauley s’affranchissent des règles de la cité pour atteindre leur but. Freddy Koella y trouve l’éloignement propice à la créativité et Helmut Newton profite de l’hédonisme local pour explorer de nouvelles limites.
LA, royaume des solitaires. Let’s go!