“The Constant Gardener” de Fernando Meirelles (2005)

Le titre de ce film passionnant est déjà une énigme. Comment traduire en français “constant” ? Certainement pas par “constant” mais peut-être par “de tous les instants” car le jardinier qu’incarne Ralph Fiennes trouve un exutoire à son métier de conseiller diplomatique, en poste en Afrique, dans les soins apportés à ses plantes. Activité qui s’accorde parfaitement à son flegme britannique, à son humeur toujours égale et à sa mise soignée. Très différente est son épouse, activiste engagée, idéaliste et sans cesse sur la brèche. Cette dernière disparait dans des conditions mystérieuses. Son jardinier de mari va lâcher ses orchidées et s’interroger non seulement sur les causes du décès mais également sur leur relation passée …

De Fernando Meirelles, réalisateur brésilien né en 1955, je ne connais que deux films, tous deux très réussis, celui que je chronique aujourd’hui et celui qui l’a précédé, “la Cité de Dieu” (2002), terrible récit du parcours de deux enfants dans un bidonville de Rio. Etrangement, sa carrière semble ne pas avoir décollé après la sortie de “the Constant Gardener”.

De Ralph Fiennes, en revanche, j’ai davantage à dire. Il incarne un inoubliable comte Almàsy, héros romantique dans “le Patient Anglais” (déjà chroniqué dans ce blog), un charismatique M, patron du MI5 dans les derniers James Bond, et il est, me dit ma fille aînée, remarquable dans “Conclave” (2024) que je n’ai pas encore visionné. Son jeu tout en retenue dans “the Constant Gardener” donne une intensité dramatique croissante au film, jusqu’à un final difficile à oublier.

J’ajoute pour conclure que le scénario est tiré d’un livre de John le Carré (1931-2020). De celui qui est considéré par beaucoup comme “le maître du roman d’espionnage”, je n’ai lu à ce jour que son avant-dernier livre, “Retour de Service” (2020). Un coup gagnant car j’ai aussitôt commandé “l’espion qui venait du froid“, “la taupe” et “le tailleur de Panama”. Bientôt arrivera l’été, je tendrai un hamac entre deux cyprès et je plongerai avec délice dans les arcanes concoctés par ce cher John.

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