« Days of Wine and Roses » d’Henry Mancini (1962)

« Days of Wine and Roses » est à l’origine un vers tiré du poème « Vitae Summa Brevis » de  l’anglais Ernest Dowson (1867 – 1900) :

« They are not long, the days of wine and roses: 

Ils ne sont pas longs, les jours du vin et des roses 

Out of a misty dream

D’un rêve brumeux 

Our path emerges for a while, then closes

Notre chemin émerge pour un moment, puis se referme

Within a dream.”

Dans un rêve.

Blake Edwards et Henry Mancini (dont nous avons dit le plus grand bien le mois dernier en chroniquant « Experiment in Terror ») lui donnèrent une nouvelle célébrité, le premier en le prenant pour le titre d’un de ses films sorti en 1962, le second en en composant la musique. Dans « Days of Wine and Roses », le film, Jack Lemon et Lee Remick affrontent un ennemi commun et dévastateur, l’alcool.

Ajoutons que « Days of Wine and Roses » est devenue de nos jours une expression employée aux Etats-Unis pour évoquer le souvenir d’une époque de bonheur et de prospérité.

Précisons enfin que la musique d’Henry Mancini est devenu un standard de jazz … magnifique. Et c’est bien là que nous voulions arriver.

Dans la sélection ci-dessous, vous trouverez 12 versions.

Pour commencer, le thème du film interprété à la guitare. Je ne connais pas l’interprète mais son interprétation, tout en retenue, est parfaite.

Pour tout vous dire, la guitare me semble être l’instrument le plus adapté pour exprimer la nostalgie et la mélancolie du thème de Mancini.

Wes Montgomery (chroniqué dans ce blog pour « Snowfall ») enchante avec la légèreté de ses attaques.

Biréli Lagrène apporte son swing manouche là où Pat Martino ralentit le tempo avec brio.

Quant à Bill Frisell, il nous entraîne dans les méandres de la mémoire avec des sons distordus pour le moins troublants.

Passons aux pianistes avec les échos bluesy de McCoy Tyner, la grande sensibilité de Michel Petrucciani qui nous rappellent combien les moments heureux sont fragiles, avec Dave Grusin qui étire les notes pour ralentir le cours du temps. Vince Guaraldi épaulé par Bola Sete nous offrent une atmosphère « saudade »

Enchainons avec deux chanteuses.

Ella Fitzgerald, formidablement accompagnée par le guitariste Joe Pass, donne des accents maternels à « Days of Wine and Roses » en modérant autant qu’elle le peut sa formidable énergie naturelle.

Jacintha (de son nom complet Jacintha Abisheganaden) se distingue avec une version des plus délicates.

Concluons enfin avec un saxophoniste.

Dexter Gordon (chroniqué dans ce blog pour « Cheesecake ») réussit à interpréter ce thème en laissant de côté sa flamboyance … ou presque.

Bonne écoute.

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